L’histoire de G-SHOCK : la montre qui défie les lois de la gravité
Avant de devenir une marque de montres appréciée par les collectionneurs d’horlogerie, les adeptes de sport extrême et les militaires, G-SHOCK était le rêve d’un ingénieur qui souhaitait concevoir la montre la plus robuste qui soit.
Tout est parti d’une simple idée : créer “une montre résistante qui ne se casserait pas même si on la faisait tomber”. Mais il aura fallu deux ans de développement et plus de 200 prototypes pour donner vie au rêve de Kikuo Ibe. En effet, après avoir rejoint Casio en 1976, cet ingénieur japonais se donna pour mission de créer une montre capable de résister aux chocs après avoir lui-même fait tomber et réduit en pièces la montre que son père lui avait offerte lors de son entrée au lycée.



Plus ambitieux encore, l’objectif fixé en termes de R&D était le concept de Triple 10 : résister à une chute de 10 m de haut, à une pression de 10 bars sous l’eau et proposer une autonomie de dix ans. Une mission quasi-impossible qui nécessita de repenser presque entièrement la façon de concevoir une montre car il ne suffisait pas de recouvrir le garde-temps d’un simple matériau flexible. Même la conception d’une structure capable d’absorber les chocs en cinq temps ne suffisait pas à empêcher que les composants internes ne se brisent. C’est finalement en voyant des enfants jouer au ballon dans un parc que Kikuo Ibe eut la révélation qui permit à l’équipe du projet Tough constituée en 1981 de créer une révolution horlogère : il imagina un module, l’équivalent du moteur de la montre, flottant en suspension dans la balle rebondissante. Ce qui donna naissance à la structure creuse du boîtier enveloppé d’uréthane de la première G-SHOCK sortie en avril 1983, la DW-5000C.
Une montre imposante, noire et de forme carrée, qui eut d’abord du mal à se vendre avant qu’un programme de télévision américain ne décide de prouver la solidité vantée par un spot de publicité où la montre remplaçait le palet d’une partie de hockey sur glace. Cela suffit à déclencher un succès phénoménal avec plus de 140 millions d’exemplaires des différentes déclinaisons de la G-SHOCK vendus selon un article du Figaro en 2025.
En effet, la DW-5000C originelle est suivie dès 1984 de la WW-5300C qui résiste à des températures allant jusqu’à -30°C. L’année suivante, le modèle DW-5500C, résistant à la boue, arbore la mention “G-SHOCK II”. Elle préfigure la DW-8400 de 1995, alias MUDMAN, qui résiste aussi à la poussière. Suivent de nombreux modèles qui incorporent de nouvelles fonctionnalités dans la tradition d’innovation des montres Casio, mais aussi de nouvelles formes qui permettent à la G-SHOCK de plaire aussi bien à des professionnels en quête de fiabilité et de résistance - tout comme ceux qui pratiquent les sports extrêmes - qu’à un public plus mode qui apprécie son design unique et ses coloris qui s’accordent aux tenues. C’est notamment le cas de célébrités comme Pharrell Williams (qui portera des modèles incrustés de diamants customisés par Jacob & Co.) ou Rihanna et Lady Gaga qui arborèrent des montres de la ligne BABY-G, la version féminine des montres G-SHOCK, lancée en 1994 d’après la première G-SHOCK disponible en taille junior : la DW-500C de 1988.
Aujourd’hui, G-SHOCK est une marque à part entière qui présente régulièrement de nouveaux modèles et multiplie les éditions limitées et collaborations avec d’autres marques issues de l’univers de la mode (Bape, Stüssy, Y’s…), de l’agroalimentaire (Coca-Cola, McDonald’s), des artistes (Takashi Murakami, Futura 2000, Eric Haze) ainsi que des licences célèbres de la pop culture (Dragon Ball Z, Evangelion, Naruto).
Ceci en restant toujours fidèle au postulat de base comme l’a montré le Guinness World Record du 30 octobre 2017 qui stipule que “le véhicule le plus lourd à avoir roulé sur une montre pèse 24,97 tonnes (…). La Casio G-Shock DW-5600E-1 s’est fait rouler dessus par un camion et a survécu, elle a continué à fonctionner correctement sans qu’aucune fissure ne soit visible sur le boîtier ni sur le bracelet”.