Connue pour ses grands classiques intemporels, Patek Philippe s’est hissée au firmament de l’art horloger avec des montres toujours plus compliquées. 

Marque parmi les plus prestigieuses du monde de l’horlogerie suisse, Patek Philippe a, selon Herbert James, auteur du livre Patek Philippe Highlights, atteint “le sommet du mont Olympe” de ce secteur en raison de son “art de l’horlogerie mécanique incorporant le plus haut degré de complexité, d’innovation et de design pionnier”. Avant d’en arriver là, tout commença en Pologne en 1832 quand le jeune officier Antoni Norbert Patek de Prawdzic est forcé de fuir son pays face à l’occupation russe. Il s’exile dans un premier temps à Paris où il devient typographe avant de se rendre à Genève où il commence à assembler des montres qui rencontrent un certain succès. Au point qu’il s’associe en 1839 avec son compatriote l’horloger Franciszek Czapek pour fonder la Patek, Czapek & Co.

Acte fondateur de l'entreprise créée par Patek et Czapek -1839

Durant les cinq premières années d’existence de l’entreprise, ils produisent environ 200 montres de poche par an aidés d’une poignée d’employés. En 1843, Antoni obtient la citoyenneté suisse et se fait désormais appeler Antoine Norbert de Patek

Une rencontre déterminante 

En 1844, de Patek se rend à Paris pour présenter ses produits et fait la rencontre du jeune horloger Jean-Adrien Philippe, inventeur de la couronne de remontage, un mécanisme révolutionnaire qui permet de se passer de clé pour remonter une montre et par conséquent réduire sa taille. Les relations avec Czapek s’étant détériorées - son contrat se termine le 15 mai 1845 - de Patek demande à Philippe de devenir son associé dans la nouvelle société Patek & Cie., également possédée par l’avocat Vincent Gostkowski.

Jean-Adrien Philippe

Jean-Adrien Philippe finit par quitter sa boutique parisienne pour s’installer à Genève afin de faire évoluer l’atelier situé rue du Rhône en adoptant des méthodes industrielles de division du travail. Patek Philippe & Cie., instituée le 1er janvier 1851, sera dorénavant connue pour son rôle dans le développement et l’utilisation d’outils mécaniques tandis que de Patek multiplie les voyages pour faire connaître sa marque, notamment aux États-Unis. 

Des inventions qui font date 

En 1868, Jean-Adrien Philippe conçoit ce qui est probablement la première montre-bracelet de l’histoire de l’horlogerie suisse pour la comtesse hongroise Koscowicz. Suivie en 1889 par la première montre à calendrier perpétuel à saut instantané. De Patek meurt en 1877, suivi par Philippe en 1894. Leurs employés acquièrent alors des parts de la société et Joseph-Antoine Benassy-Philippe, le gendre de Jean-Adrien Philippe, prend la direction de ce qui deviendra en 1901 l’Ancienne Manufacture d’Horlogerie Patek Philippe & Co. SA.

Mise en difficulté par la crise de 1929, la manufacture manque de se faire racheter par Jacques-David LeCoultre mais ce sont finalement les frères Charles et Jean Stern, fournisseurs de cadran pour Patek Philippe, qui en font l’acquisition en 1932. Ils nomment l’horloger Jean Pfister à la tête de l’entreprise et perpétuent la tradition d’innovation des fondateurs en internalisant la production de leurs propres mouvements. C’est à cette époque que les montres-bracelets produites par Patek Philippe deviennent synonymes d’élégance avec notamment la Calatrava conçue en 1932.

L'une des toutes premières Patek Philippe Calatrava exposée au Musée Patek Philippe

À ce genre de modèles simples et intemporels s’ajoutent de nombreux modèles dotés de complications horlogères : en 1989, pour célébrer le 150ème anniversaire de la marque, Patek Philippe dévoilera le Calibre 89, une montre gousset dotée de 33 fonctions. Une prouesse ayant nécessité 9 années de recherche et développement. Entre-temps, la manufacture a créé d’autres montres cultes comme l’Ellipse d’Or en 1968 et la Nautilus, première montre sportive de Patek Philippe, en 1976. Deux modèles que la dernière manufacture horlogère familiale et indépendante de Genève réinterprète encore aujourd’hui sous la présidence de Thierry Stern.

Tout en continuant à repousser les limites de l’horlogerie mécanique comme avec la Grandmaster Chime en 2014 : l’une des montres-bracelets les plus compliquées au monde et la première montre Patek Philippe double face.

Vous pouvez retrouver les nouveautés présentés à Watches & Wonders par Patek Philippe ici

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Écrit par

Julien Lambea
Journaliste freelance basé à Paris, Julien Lambea écrit sur la mode et la culture. Ancien chef de rubrique Style de GQ France, il a participé au lancement de ICON France comme rédacteur en chef adjoint et a collaboré avec L’Étiquette et Time Out.

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