Il existe peut-être autant de cadrans qu’il y a de montres, sans même parler des montres sans cadran…
Si l’on se réfère à l’histoire de la mesure du temps, le cadran (solaire) existait déjà avant la montre. Si cette dernière ne peut fonctionner sans mouvement, la surface où lire l’heure est peut-être tout aussi importante. Il s’agit de l’élément où se concentre le plus l’attention du porteur mais aussi celle du designer de la montre avec le boîtier. Pratique ou non, le cadran se doit aussi d’être esthétique, ce qui explique les nombreuses matières et techniques utilisées pour sa fabrication et dont voici un tour d’horizon.
Les types d’affichage
Souvent présenté comme un disque ou un rectangle - même si toutes les formes semblent envisageables - divisé en douze heures et parcouru d’aiguilles indiquant d’abord l’heure (au XVe siècle ?) puis les minutes (vers 1680) et parfois les secondes, le système d’affichage de l’heure sur une montre est régulièrement réinventé par les horlogers : à la fin du XVIIe siècle, ils conçoivent les “heures vagabondes” en remplaçant les aiguilles par un jeu de demi-cercles tournants et de guichets. On utilisera plus tard ce système pour indiquer le jour, la date, la réserve de marche, un chronographe, d’autres fuseaux horaires ou encore les phases de lune. Les aiguilles peuvent également être remplacées par un automate qui donne l’heure à la demande comme dans le cas de l’affichage dit “bras-en-l’air” apparu à la fin du XVIIIe siècle.
Au lieu d’être centrales, les aiguilles peuvent être placées dans différents cercles ou demi-cercles (ce qu’on appelle les aiguilles rétrogrades). Il existe même des montres ou cadrans de forme ovale dont les aiguilles s’allongent et se rétractent en fonction de leurs positions. À l’instar des célèbres pendules mystérieuses, les aiguilles de certaines montres peuvent apparaître comme suspendues au centre d’un cadran vitré ou laisser apparaître le mouvement dans le cas des montres dites “squelette”. N’oublions pas les montres dotées d’un écran à cristaux liquides ou d’autres types de technologies.
Indépendamment du cadran, l’heure peut aussi être indiquée à l’aide d’un système de sonneries, de vibrations voire d’un petit projecteur.
Les matériaux de fabrication
Si l’on trouvait déjà sur les montres de poche des cadrans dans des matériaux aussi divers et variés que le laiton, la feuille de nickel ou de papier, les cadrans anciens étaient le plus souvent réalisés en émail blanc ou peint (sur une base métallique). On retrouvera également des métaux précieux qui correspondent souvent à ceux des boîtiers de montre : argent, or, platine voire acier doré. Le recours à des métiers d’art pour la conception de cadrans donna vie à des exemplaires en laque ou en marqueterie de bois, d’or et/ou de nacre. Enfin, joaillerie et horlogerie faisant bon ménage, certaines montres précieuses possèdent des cadrans sertis de diamants ou taillés dans une pierre fine voire dans de la nacre ou de la météorite. Certaines montres modernes proposent également des cadrans en fibre de carbone, en céramique ou avec des revêtements pour un noir plus profond.
Les finitions
Enfin, passons en revue quelques-unes des finitions qui rendent certains cadrans aussi fascinants.
Squelette : Découpage de parties du cadran voire du mouvement pour montrer le fonctionnement de celui-ci.


Brossé : Effet de relief obtenu par brossage directionnel.


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Martelé : Effet obtenu en frappant la surface du cadran de façon répétitive avec un outil.


Fumé : Effet de dégradé obtenu par pulvérisation de laque.


Soleillé : Décor à fines rayures rappelant les rayons du soleil généralement obtenu par brossage rotatif.



Guilloché : Technique de gravure de motifs réalisée à l’aide de machines actionnées à la main ou de façon industrielle.


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Flinqué : Guillochage recouvert d’une couche d’émail translucide.


Tapisserie : Décor de grille dont les motifs guillochés sont répétés.


Clous de Paris : Motif de lignes entrecroisées formant des grilles de petites pyramides par guillochage.


Gaufré : Motif pressé imitant la gravure.



Givré : Finition obtenue par gravure ou microbillage.



Grainé : Effet de texture obtenu par sablage.


Laqué : Application de multiples couches de résine avant cuisson pour obtenir un effet brillant.


Émaillé : Technique consistant à faire fusionner de la poudre de verre et du métal par des cuissons répétées à haute température.


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Grand Feu : Émail vitrifié par fusion dans un four chauffé entre 800 et 1200°C.



Émail cloisonné : Méthode consistant à tracer les contours du dessin à l’aide de fils d’or avant émaillage.

Émail champlevé : Technique d’émaillage où de la matière est retirée avant d’être comblée par de la poudre d’émail.


