Quand la joaillerie puise son inspiration dans la littérature
Perrault, Ovide ou encore Grimm : certains des plus grands joailliers du monde ont fait de la littérature leur matière première.
Contes de fées, mythes antiques et romans classiques : nombre de joailliers ont puisé dans l’imaginaire littéraire pour imaginer des pièces résolument mémorables. En s’inspirant d’un objet, d’un personnage ou d’une couleur, ces créateurs du beau réveillent un univers narratif marquant et puissant. Voici six œuvres à lire et relire pour comprendre toute la profondeur des bijoux.

“Mignonne, allons voir si la rose…” C’est dans ce vers évocateur que la joaillerie française Lydia Courteille a puisé l’inspiration pour toute une collection : À Cassandre. Sa rose à elle est épanouie, presque fanée, comme dans le sonnet de Ronsard qui compare la beauté féminine à une fleur qui n’est belle que jusqu’au matin. La créatrice joue également sur un contraste saisissant : l’or est plaqué de rhodium noir, couleur du deuil, tandis que les rubis rutilants d’un rouge vibrant.

Voilà plus de 25 ans maintenant que Van Cleef & Arpels fait de la littérature un véritable fil rouge de ses collections. Pour rendre hommage aux célèbres contes, la maison de haute joaillerie a entremêlé trois plumes dans une broche baptisée Trio Précieux. Un objet magique également repris sur L’Oiseau d’or, où le plumage est troqué par des saphirs jaunes et des grenats spessartites. De quoi montrer que la beauté se cache parfois dans les plus discrets des détails.

Pour accompagner l’adaptation cinématographique du roman, la maison Fabergé a rendu hommage à son héroïne. Résultat : un collier en or blanc, centré sur une opale blanche en forme de poire. Une curation de pierres peu anodines, puisque l’opale est connue pour ses reflets changeants et instables. Une gemme sauvage, qui incarne à elle seule l’exaltation émotionnelle d’Anna, déchirée entre passion et morale.

En voilà des boucles d’oreilles qui réunissent histoire et joaillerie. La créatrice française Sylvie Corbelin y représente une certaine Mademoiselle de Chartres, habillée à la mode du XVIème siècle. Son front ? Orné d’une ferronnière, ce bijou de tête caractéristique de la Renaissance. Une perle presque baroque complète le bijou, faisant ainsi référence aux matériaux en vogue à l’époque de l’intrigue.

Un taureau et une jeune femme sur son dos. Sur ce pendentif Art déco, Alfred André met en scène l’une des histoires les plus connues des Métamorphoses : l’enlèvement de la princesse Europe par Zeus, qui prend alors la forme d’un taureau blanc. Une scène décrite avec une sensualité troublante par le poète latin, que l’on retrouve dans cette véritable œuvre d’art en or.

Wendy Ramshaw est souvent présentée comme la poète minimaliste du bijou. Un titre qu’elle n’a pas démenti avec son exposition Rooms of Dreams, lors de laquelle elle a présenté un bracelet de six petites clés en fer, séparées de grenats rouge profond. Une référence évidente au conte horrifique de Charles Perrault, à la pièce interdite de Barbe-Bleue et aux gouttes de sang versées par les malheureuses épouses.