Depuis plusieurs années, les diamants de synthèse bousculent le monde de la joaillerie. Des pierres similaires aux diamants naturels, avec une même formule chimique, mais qui présentent pourtant des différences. Au moment de choisir votre préférence, voici ce qu’il faut garder en tête.
Des détails invisibles à l’œil nu
Mis côte à côte, ces deux types de diamants pourraient sembler totalement identiques. Et pour cause : toute personne ayant peu de connaissances sur le sujet n’y verrait que du feu. Pour voir leurs différences, il faut s’équiper d’outils gemmologiques. Démarrons par le diamant naturel : il porte en lui les traces de sa longue formation géologique et des inclusions minérales. On pourrait alors parler de signatures de la nature. Le diamant de synthèse, ou aussi appelé diamant de laboratoire est d’une régularité étonnante — et ce, malgré des lignes de croissance qui trahissent son origine. Autre manipulation pour les distinguer : leur réaction sous lumière UV. Cette dernière devient bleue au contact de diamants naturels, orange ou verte lorsque projetée sur des diamants naturels.
Un même atome
Chimiquement parlant, les deux types de diamants cochent les mêmes cases : du carbone pur cristallisé, une dureté maximale sur l’échelle de Mohs et une excellente conductivité thermique. Et pour cause. Les principales méthodes de production des diamants de synthèse (HPHT, pour “haute pression, haute température” et CVD, pour “dépôt chimique en phase vapeur) permettent de répliquer de façon fidèle la structure cristalline naturelle. Il conviendra cependant de préciser que le CVD peut laisser des traces gazeuses résiduelles, qui n’ont aucun impact lorsque ces pierres sont à usage joaillier.
Seulement une question de prix ?
Il suffit de se pencher sur les tarifs proposés sur le marché des diamants pour constater que ceux façonnés en laboratoires coûtent 30 à 70% de moins que les naturels — à caractéristiques équivalentes bien entendu. Prenons l’exemple d’un carat de qualité standard : il faudra débourser 3000 euros environ pour un diamant de synthèse, contre plus de 8000 euros pour un diamant naturel. Des prix qui se justifient, d’un côté par la reproductibilité, et de l’autre par la rareté. À noter que les pierres de laboratoire sont de moins en moins onéreuses, notamment grâce aux nombreux progrès faits en matière de technologies.
Un argument écologique nuancé
Bien souvent, les diamants de laboratoire sont présentés comme l’option la plus “responsable” — on évite ici les extractions minières, les déplacements des communautés ou encore les risques de conflits armés dans certaines régions du monde. Des arguments séduisants, évidemment, mais qui sont à nuancer : les productions par HPHT ou par CVD sont extrêmement énergivores, notamment en termes d’électricité. De l’autre côté, de nombreux extracteurs de diamants ont fait de réels efforts en matière de traçabilité et certifications éthiques. L’industrie avance donc dans le bon sens, malgré certaines zones d’ombres qui persistent.
Un choix (très) personnel
Le diamant naturel a une histoire : il se fait le symbole d’une certaine rareté, de rituels ancestraux, d’une transmission. Le diamant de synthèse, lui, répond à d’autres aspirations : l’accessibilité, la réduction de l’impact sur l’environnement ou encore le refus d’une industrie minière encore très souvent controversée. Deux pierres aux nombreuses similarités, pourtant différentes à bien des points de vue. Le choix appartient donc à chacun et chacune : laquelle correspond davantage à votre personnalité, à vos valeurs, à vos envies ?