L’horlogerie s’intéresse au temps qui passe : les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années et puis peu ou prou tout ce que l’on compte en matière de mouvement. Problème : lorsque vient le moment de s’intéresser aux mois, leur composition s’avère variable et irrégulière. Pour pouvoir mesurer les 28, 29, 30 ou 31 jours, une invention du nom de quantième perpétuel arrive à faire l’impossible : mémoriser la longueur des mois sans aucune intervention humaine. Explications.

Résoudre le problème du temps

Le nombre de jours varie d’un mois à un autre. Il fluctue également selon les années, qui comptent 365 jours à une exception près, tous les quatre ans, avec les années bissextiles et leurs 366 jours. Cette irrégularité nécessite une correction manuelle des garde-temps à la fin de tous les mois qui n’ont pas 31 jours pour ajuster le mécanisme de la montre au calendrier. Enfin, ça, c’était avant la montre-bracelet à quantième perpétuel de Patek Philippe en 1925. 

Le quantième perpétuel, un système pour “lire” les mois

Le quantième perpétuel est une technologie qui permet à une montre de lire le mois en cours (un peu comme le braille) grâce à un système de roue et de palpeur. Cette roue, c’est ce que l’on appelle une came. Elle est faite de bords (des crans) qui montent et qui descendent : chaque cran correspond à un mois. Elle en compte 48. En 48 mois, la came fait un tour complet, ce qui correspond au cycle des années bissextiles. 

Chaque cran a une hauteur différente correspondant au nombre de jours du mois : 28, 29, 30 ou 31 jours. Sur les bords de la came glisse un palpeur qui passe sur la hauteur du cran et le mémorise. À minuit, le saut de quantième se produit : un ressort libère le disque et… change automatiquement la date du jour. Pour reconnaître une année bissextile, rien de plus simple : sur les 48 crans, l’encoche du mois de février, tous les quatre ans, est différente, plus profonde. En passant sur ce cran, la montre “sait” que l’année est bissextile. 

En 2100 : une correction manuelle prévue ?

C’est une exception : l’an 2100 sera non bissextile, mais ça, la montre ne le sait pas encore. 

Une année ne dure en réalité pas tout à fait 365 jours, mais (si on arrondit) 365 jours et un quart. Tous les quatre ans, ce jour en plus est ajouté : c’est le 29 février. Puisque ce quart est arrondi et pas tout à fait exact, il s’accumule sur 100 ans. On aurait presque un jour en trop. Résultat : il faut supprimer une année bissextile. Ce sera le cas pour l’année 2100. Ça, la montre ne le sait pas. Elle sait seulement qu’il y a un 29 février tous les 4 ans et selon ses calculs, ce sera le cas en 2100. Les détenteurs de montres à quantième perpétuel devront alors corriger à la main la date du jour. Grâce au quantième perpétuel, ce n’est qu’une intervention humaine.

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Écrit par

Marjolaine Hallacq
Formée en sciences politiques, Marjolaine a été analyste avant de se faire une place sur la scène littéraire. Aujourd’hui autrice et journaliste, elle collabore avec des marques et médias pour raconter des histoires et créer des récits.

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